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L’erreur n’était pas dans vos efforts

Personne ne s’attend à réussir son grand écart après une seule séance de stretching.

Madame Ananas

En revanche, chacun sait que pour améliorer sa souplesse, il faut s’étirer régulièrement.

Cette logique paraît évidente. Alors pourquoi ne raisonnons-nous plus de la même manière lorsqu’il est question de notre alimentation ou du sport ?

Supprimer le sucre de son alimentation pendant un mois. Décider de faire cinq séances de sport par semaine. Pendant quelques semaines, toute l’attention est dirigée vers un seul objectif.

Les efforts sont importants, les résultats arrivent, et avec eux cette satisfaction de voir enfin la balance évoluer, les vêtements tomber différemment, le corps changer.

Puis, progressivement, le quotidien reprend sa place. Les anciennes habitudes aussi. Le sucre revient. Les séances s’espacent. Et les résultats disparaissent à leur tour.

Alors la frustration s’installe. J’ai fait tous ces efforts, pourquoi les résultats n’ont-ils pas duré ?

Cette question paraît pourtant étrange lorsqu’on la regarde à travers le prisme du stretching. Personne ne s’étonne de perdre en souplesse lorsqu’il s’étire moins.

Nous accordons souvent plus de valeur à l’intensité de nos efforts qu’à leur durée. Le corps ne fonctionne pas ainsi. Il ne récompense pas les efforts les plus intenses. Il valorise davantage les efforts répétés dans le temps que les efforts exceptionnels.

Le véritable enjeu n’est peut-être pas de faire toujours plus d’efforts. Il consiste peut-être à construire un quotidien dans lequel prendre soin de soi cesse d’être un effort, pour devenir une évidence.

Ce que ça change en pratique

Une évidence, ça ne se décide pas un lundi matin. Ça s’installe, et il y a une manière de s’y prendre.

Choisissez ce que vous pourrez encore faire dans six mois. Pas ce que vous tiendrez trois semaines. Deux séances par semaine que vous ne manquez jamais valent mieux que cinq que vous abandonnerez en mars.

Changez une chose à la fois. Une seule. Quand elle ne vous demande plus d’y penser, elle est acquise, et vous pouvez en ajouter une autre. C’est plus lent sur le papier, c’est beaucoup plus rapide dans les faits, parce que rien ne s’effondre.

Accrochez la nouvelle habitude à une ancienne. Les étirements après la douche du soir, la marche après le déjeuner. Une habitude seule demande de la volonté ; une habitude accrochée à une autre n’en demande presque plus.

Et acceptez de sauter un jour. Sauter un jour n’a jamais rien défait. Ce qui défait tout, c’est de considérer qu’un jour manqué annule les trois semaines qui précèdent, et de tout arrêter là.

Ce n’est pas la performance d’un mois qui transforme un corps. C’est ce que vous faites encore quand plus personne ne vous regarde, y compris vous.